Quelle musique jouer avec un saxophone quand on n¹est ni jazzman ni improvisateur ?
De la fanfare de la Creuse au conservatoire de Marseille, le hasard et ses volontés feront découvrir à Joël Versavaud un saxophone loin de toutes les prédestinations. Il ne sera ni jazzman, ni improvisateur. Que jouer alors ? L’instrument est jeune (1840) et son répertoire classique en construction permanente.
Le musicien nous livre dans ce concert des extraits de ses collaborations avec les compositeurs de musique dite « savante », qui trouvent dans la richesse des saxophones matière à traduire leurs imaginaires. Cependant, partir trop loin, se déraciner, c’est peut-être risquer de rompre avec l’énergie première de l’enfant musicien, rompre le dialogue entre ses origines, son parcours et ses entourages nouveaux. L’œuvre de Bach s’impose alors comme solution. Harmonie, architecture, rythme universels et cette foi permanente en un au-delà qui traverse les siècles et font du compositeur un contemporain de chaque époque. Joël Versavaud veut partager cette joie, dire aussi quel bon compagnon Bach peut être dans la solitude du travail.
Refusant de se priver de grandes pages de violon ou de violoncelle, le saxophoniste affine sa technique du souffle continu qui lui permet de ne pas interrompre son jeu lors de la respiration. Offrir cette nouvelle voix, c’est faire acte de musique vivante. Et les différentes esthétiques se nourrissent l’une et l’autre.